2019 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique

Mon discours lors de la Commémoration de la Victoire du 8 mai 1945

09/05/2017

 

Messieurs les Présidents d’Associations d’Anciens Combattants,

 

Mesdames et Messieurs les Anciens Combattants et leurs familles,

 

Mesdames et Messieurs les Représentants de l’Armée,

 

Mesdames et Messieurs les Représentants de la Police,

 

Messieurs les porte-drapeaux, 

 

Mesdames et Messieurs les élus,

 

Mesdames, Messieurs, chers amis et concitoyens

 

Il y a 72 ans, jour pour jour, la Seconde Guerre Mondiale prenait fin sur le front européen. C’était la victoire des forces alliées contre les forces de l’Axe, mais surtout la fin d’une catastrophe humaine sans précédent. Nous sommes réunis aujourd’hui pour ne pas oublier cette page terrible de notre histoire locale, nationale et internationale.

 

Cette période de l’histoire a vu s’affronter deux camps, à travers tous les continents, durant 6 longues années d’une violence inouïe. Cette guerre a eu des conséquences d’une ampleur immense : des territoires dévastés, des pays ruinés, des familles décimées, des redécoupages géographiques portant le germe de nouvelles haines.

 

Enfin et surtout, cette guerre a une réalité humaine accablante : plus de 60 millions de morts, civils pour la plupart, victimes du conflit le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité. Sans parler des « morts d’après », victimes de leurs blessures, de leurs traumatismes. La Seconde Guerre Mondiale a établi un triste record de victimes, militaires et civils, hommes, femmes et enfants. Aucune commune n’a été épargnée et les monuments aux Morts sont là pour nous rappeler cette réalité.

 

Et comme chaque fois, nous sommes incrédules, effarés, face à ce bilan causé par des idéologies monstrueuses. Des idéologies qui niaient jusqu’à la qualité même d’être humain !

 

En ce jour, nous nous souvenons du sacrifice de ces soldats et de ces civils qui payèrent le prix de notre liberté. Nous les saluons aujourd’hui.

 

Les grands cimetières de guerre sur le sol français portent témoignage de ce sacrifice. Ceux qui ont visité par exemple celui de Colleville dans le Calvados le savent très bien : l’émotion ressentie est si vive qu’on ne peut retenir ses larmes. On baisse les yeux sur les croix de ces soldats américains, en plein vent, près d’Omaha Beach, et on lit : 18 ans, 19 ans, 20 ans…

Ils ont donné leur jeunesse et reposent à jamais chez nous. Quand on passe aujourd’hui le long de la côte normande, on peut difficilement imaginer ce qui s’est déchaîné là en 1944.

 

Ce 8 mai, 72 années après, nous célébrons aussi le début de l’Espoir. L’Espoir d’un monde différent, d’un monde plus juste, d’un monde plus libre, d’un monde plus humain, pour toutes les femmes et tous les hommes. Un monde de paix.

 

Au lendemain de cette guerre, un monde nouveau était apparu et depuis, le continent Européen s’est réconcilié et s’est réunifié. Ce nouveau monde a malheureusement généré d’autres problèmes, d’autres dangers, d’autres violences, d’autres intégrismes, d’autres atrocités, d’autres guerres. Le combat pour la Paix et la Liberté est donc loin d’être terminé. Il nous appartient à tous de le mener en nous souvenant du courage des combattants de la liberté qui nous ont précédés.

 

L’Union ne va jamais de soi. Elle est lente à se faire. Les hommes sont lents à comprendre et à s’entendre pour faire front commun contre le mal. Mais quand ils y parviennent, la paix est au bout du chemin, l’intelligence gagne et redonne toutes ses qualités à l’humanité.

 

Une nation, une démocratie comme la nôtre, se doit de célébrer officiellement la fin d’une guerre qui a autant marqué son histoire. Les commémorations sont nécessaires pour ne rien oublier. Soyons vigilants, l’histoire nous dit que les évènements peuvent survenir très vite, et que nul ne sait alors comment les choses vont finir. N’oublions jamais : les idées qui sèment la discorde et l’horreur seront toujours présentes dans notre monde et dans nos sociétés. Au nom du souvenir, guettons-les, traquons-les, dénonçons-les avant qu’elles ne grandissent trop et ne ramènent les ténèbres. Le devoir de mémoire est celui de tous. Il doit servir à combattre toutes les idéologies extrêmes, d’où qu’elles viennent.

 

En ce jour nous saluons la mémoire de nos déportés. Nous saluons aussi des exemples pour les générations futures. Je pense à Jeannine Le Blevec, Sébastiennaise, résistante et décorée de la Légion d’Honneur en 2013.

 

L’an passé, j’avais évoqué la résistante Jeannette Guyot, disparue le 10 avril 2016. Aujourd’hui, je pense à ces autres femmes qui sont toujours parmi nous. France 3 les a mises à l’honneur jeudi dernier : Madeleine Riffaud, Cécile Rol-Tanguy, Marie-Jo Chombart de Lauwe. Cette dernière, déportée à Ravensbruck, code « nuit et brouillard », poursuit inlassablement, à 93 ans, son témoignage dans les lycées pour apprendre aux jeunes « à détecter le mal là où il commence ».

 

Pour les morts et les survivants de cette époque affreuse, soyons les résistants de la paix en Europe et dans le monde.

 

En oubliant le passé, on se condamne à le revivre …Souvenons-nous. N’oublions jamais.

Vive la Paix, Vive la République, Vive la France.

Please reload

Mes actualités récentes
Please reload

Archives