2019 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique

Conseil Métropolitain - Arbre aux hérons : "pourquoi sommes-nous là Mme la Présidente ?"

13/02/2017

 

Madame la présidente, 

 

Avant de prendre proposition sur cette délibération qui aujourd’hui engage la Métropole pour 1 million d’euros d’études et autorise la création du fonds de dotations, nous souhaiterions recadrer un peu les choses. 

 

Nous avons pu découvrir dans la presse, ces derniers jours, des informations sur le sujet que nous ne possédions pas, voire en contradiction avec ce qui est écrit dans la présente délibération. 

Vous êtes coutumière du fait et cette pratique de mettre le Conseil métropolitain devant le fait accompli est très détestable. 

 

Madame la présidente, à quoi sert-il de voter puisque les articles parlent de feu vert et de top départ et donne des détails budgétaires que nous ne retrouvons même pas dans la délibération ! 

 

Pourquoi sommes-nous là en fait ? 

 

Alors, merci de bien vouloir prendre le temps de répondre clairement aux différentes interrogations que nous vous soumettons, aujourd’hui, dans cette enceinte de décision, enfin, je le crois encore : 

 

LE CALENDRIER

Nous entrons donc, dès 2017 dans une première phase, celle des études préalables. Pourtant, vous nous avez répété que ce projet ne verrait pas le jour sous ce mandat. Pourquoi alors commencer dès maintenant ? 

Quelle urgence y a-t-il à lancer des études aujourd’hui, pour un projet qui ne doit sortir de terre qu’après 2020 ? Nous ne saisissons pas bien les raisons de cet empressement. 

Par ailleurs, la délibération parle d’études qui devraient durer deux ans, ce délai semble bien long et leur montant, 4 millions d’euros au total, représente une somme importante. 

Pourrait-on avoir plus de détails sur le contenu de ces études qui pourrait expliquer ces délais et ces coûts ? 

 

LES PARTENAIRES

En Conférence des Maires, vous nous avez présenté un projet avec un partenariat triple : la Métropole, les autres collectivités publiques et des partenaires privés ; chacun participant à hauteur d’un tiers. 

Mais, hormis vos déclarations, nous ne disposons d’aucune preuve d’un quelconque engagement et bien peu de choses du montant des apports de chacun de ces partenaires, qu’ils soient privés ou publics. Enfin, depuis hier, nous en savons un peu plus, grâce à vos déclarations dans la presse. 

 

Le Conseil départemental est financièrement en situation difficile, nous n’avons lu nulle part leur souhait de participer à ce projet, encore moins le montant de leur participation. Idem pour la Région. 

Quelles autres collectivités entendent y participer, êtes-vous sûrs d’arriver aux 12 millions prévus (soit un tiers des 35 millions) ? 

La somme est d’importance et mériterait que l’on sache quelles collectivités sont vraiment partantes pour l’aventure ! 

 

Quant aux fonds privés, vous écrivez qu’ils sont « déjà identifiés ». 

Nous avons bien compris qu’ils étaient enthousiastes et motivés, mais concrètement combien sont-ils et arrivons-nous là aussi à hauteur des 12 millions prévus ? 

Est-ce que vous considérez des structures comme la Compagnie de Machines, qui sont certes de nature privée mais dont le fonctionnement est issu majoritairement de fonds publics, parmi cette catégorie ?

 

LE FINANCEMENT

Nous souhaiterions donc avoir plus d’éléments concernant le montage financier de ce projet, afin de lever toutes ces interrogations et donner une véritable lisibilité financière.

Un budget prévisionnel permettrait de poser les bases du financement, qui nous semble relativement fragile.

 

D’ailleurs, vous parlez de 35 millions, mais que comprennent-ils exactement ? Est-ce le coût des travaux uniquement, ou le coût global de l’opération ? 

L es 4M€ d’études font-ils partie de ces 35 ME ou sont-ils hors budget ? 

Enfin, nous avons donc appris par la presse que Nantes Métropole ne financerait qu’un seul million (sur les deux annoncés dans la délibération) et qu’un seul partenaire privé financerait l’autre moitié, pouvez-vous nous le confirmer ? 

 

LES RETOMBEES

Concernant l’impact territorial d’un tel projet, nous espérons que ces études auront également pour objet d’évaluer les conséquences en matière de développement économique, touristique et les perspectives de création d’emploi, qui restent très vagues. 

Egalement quel serait l’impact en termes de coûts de fonctionnement ? A-t-il été estimé ? Avez-vous des données à ce sujet à nous communiquer ?

 

Qu’un projet comme celui-ci participe à l'attractivité du territoire, c’est un fait. Mais il n’est pas question pour nous de signer un chèque en blanc, avec un coût galopant au fil des ans qu’il nous faudrait ensuite combler. 

Ce n’est pas parce que le projet ne relève pas de ce mandat que nous ne devons pas y regarder avec vigilance. 

 

Peut-être serait-il temps de présenter les choses dans l’ordre et de porter à notre connaissance, nous les décisionnaires, les éléments nécessaires pour démontrer la viabilité financière du projet dans tous ses aspects. 

 

Savoir qui concrètement finance et à quelle hauteur. D’où viennent ces 35 millions et comment il sont répartis, au sein des trois familles de partenaires.

Des interrogations légitimes qui seraient éclairantes pour tout le monde et permettraient d’avancer sur ce projet plus sereinement et de manière collective, objective et transparente. 

 

Je vous remercie. 

 

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