2019 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique

Toute notre intelligence doit travailler à la paix, contre la haine et la violence.

11/11/2015

Le 11 novembre, jour anniversaire de l’armistice de 1918 et de commémoration annuelle de la victoire et de la paix, est désormais le jour où il est rendu hommage à tous les morts pour la France.

 

 

Mon Général,

Messieurs les anciens combattants,

Messieurs les représentants d’associations patriotiques,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

Nous commémorons aujourd’hui le 97e anniversaire de la fin de la « Grande » guerre. Nom populaire qui lui fut donné par ses survivants au regard du nombre effroyable de victimes civiles et militaires, et du vide qu’elle creusât dans les peuples d’Europe et du monde. Le futur en fut bouleversé ! Sans empêcher portant, 21 ans plus tard, la seconde guerre mondiale… Comme si les hommes perdaient régulièrement la mémoire du pire.

 

1914/1918 : 20 millions de morts civils ou combattants durant le conflit. Autant de blessés, dont beaucoup succomberont. Et tant d’autres qui, avec leurs blessures et leurs traumatismes, connaîtront une vie diminuée.

 

Près d’1,4 millions de « Morts pour la France », sans compter les civils. Un gâchis pour l’humanité. Il est difficile de concevoir un tel massacre d’hommes et de femmes. La comptabilité ne doit pas effacer la réalité humaine ! Ils avaient quitté leurs champs, leurs villages, la chaleur de leurs familles pour aller s’entre-tuer dans un fracas absurde et sanglant. Un sacrifice qu’ils n’avaient pas demandé. A la fin de cette guerre, chacun avait perdu un père, un frère, un ami ou une amie. Certaines familles ont été totalement anéanties.

 

Nous rendons hommage aujourd’hui à la souffrance humaine. Celle vécue par les combattants dans les pires conditions. Celle vécue par ceux qui ont pleuré, pendant et longtemps après, les morts de cette guerre.

 

En pleine actualité de ce qu’on appelle les « migrants », nous devons avoir une pensée pour les frères d’armes de nos « poilus », pour les près de 100 000 « indigènes » des colonies de l’époque – Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique, Madagascar et Indochine- morts eux aussi pour la France.

 

Trop d’hommes et de femmes fuient encore aujourd’hui leurs pays ravagés par la haine et les conflits.

 

L’Europe est aujourd’hui, pour nous, un formidable rempart contre la guerre. Nous devons entretenir les liens de cette communauté pour qu’ils soient solides, durables et exemplaires pour le monde.

 

Le travail de mémoire est une évidence pour la survie de notre espèce.

 

Pourtant les dates anniversaires sont là. Elles nous rappellent, quand nous le voulons bien, les moments importants. Deux dates proches du 11 novembre me viennent à l’esprit :

  • le 9 novembre 1970, un héros de 1914 et de 1940, le général de Gaulle, nous quittait.

  • Le 9 novembre 1989, c’était la chute du Mur de Berlin.

 

Les symboles sont partout autour de nous. Il faut les lire, les comprendre et en tirer enseignement.

 

Notre Conférence des Sages nous y aide particulièrement à Saint-Sébastien-sur-Loire. Elle s’attache à maintenir, dans notre commune, le devoir de mémoire. Je la remercie très vivement de ce travail qu’elle accomplit.

 

Dans le cadre des actions de commémoration du centenaire de la guerre 1914/1918, elle organise diverses manifestations, expositions, conférences, et journées thématiques échelonnées entre 2014 et 2018. Celles qui ont déjà eu lieu, en 2014 et 2015, ont connu un vif succès.

 

En approfondissant ses recherches et en croisant les informations à partir de registres officiels, elle a retrouvé 17 Sébastiennais qui ont été omis sur les listes initialement retenues pour figurer finalement sur notre monument aux morts. Ils sont «  Morts pour la France ». Nous leur rendons un juste hommage aujourd’hui en y inscrivant leurs noms.

 

L’histoire résonne juste lorsqu’elle est écrite par de grands témoins de la guerre 14-18. Je leur prête ma voix :

Louis-Ferdinand Céline « Dans une histoire pareille, il n’y a rien à faire, il n’y a qu’à foutre le camp… Jamais je ne m’étais senti aussi inutile parmi toutes ces balles et les lumières de ce soleil. Une immense, universelle moquerie. Je n’avais que vingt ans d’âge à ce moment-là ».

Maurice Genevoix « je me demandais avec un affreux serrement de cœur… lesquels de ces enfants habillés en soldats portaient déjà, ce soir, leur cadavre sur le dos ».

Roland Dorgelès : « je trouve que c’est une victoire parce que j’en suis sorti vivant ».

Cet écrivain a le dernier mot avec Fénelon : « Toutes les guerres sont civiles car c’est toujours l’homme contre l’homme qui répand son propre sang ».

 

Toute notre mémoire doit tendre vers le respect :

  • Le respect de ceux qui sont morts pour nous, pour notre liberté,

  • Le respect des victimes de la barbarie et de la haine partout dans le monde.

 

J’adresse enfin une pensée à nos militaires engagés dans des opérations extérieures, pour protéger les plus faibles et tenter de faire respecter les valeurs universelles de la démocratie.

 

Nous devons partout veiller au respect des droits de l’homme, au respect des droits de l’enfant.Votre présence aujourd’hui, membres du conseil municipal enfants, nous rappelle que nous devons rester vigilants et ne jamais rien céder sur les droits imprescriptibles de notre humanité.

 

Toute notre intelligence doit travailler à la paix, contre la haine et la violence.

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