Promouvoir les langues régionales mérite mieux qu’une manœuvre politicienne !

Les sénateurs UDI-UC ont rappelé leur attachement à la conservation et au développement des langues régionales. Mais le calendrier politique induit par les élections régionales enferme cette question dans un débat purement « idéologique ». Il ne s’agit pas de se prononcer pour ou contre les langues régionales. Nous devons échapper à cette polémique et nous concentrer sur les arguments de droit. La question centrale est donc celle de la modification de la Constitution. La Commission des lois pointe le problème induit par ce projet qui ne ratifie la Charte qu’à travers le prisme de la déclaration interprétative. Cela pose quelques questions d’articulation entre droit constitutionnel et conventionnel et pourrait être source de contentieux.

La loi reconnaît déjà officiellement l’enseignement bilingue, en langue française et régionale. Elle permet aux enseignants de recourir aux langues régionales comme elle autorise les collectivités à consacrer les activités complémentaires qu’elles organisent dans les établissements scolaires à « la connaissance des langues et des cultures régionales ». Il appartient aux collectivités territoriales de se saisir de la valorisation des langues et cultures régionales. Elles sont les mieux placées pour prendre la mesure des spécificités de chaque langue et des demandes de la population. La loi MAPTAM (modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles) confie d’ailleurs au conseil régional la compétence d’assurer la préservation de son identité et la promotion des langues régionales.

Les langues régionales ne doivent pas être l’otage des prochaines élections. Faisons confiance aux collectivités Donnons-leur les moyens d’agir, dans le respect des principes qui fondent la République.

Si les langues régionales sont importantes pour le Gouvernement, cela aurait dû être un critère lors du redécoupage des Régions. Or selon le Gouvernement la Bretagne fait seulement quatre départements. La Loire-Atlantique serait-elle reconnue dans ce contexte comme de langue Bretonne, ou le fossé se creuserait-il davantage ?

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2020 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique