Opération d’aménagement de l’île de Nantes : je suis très inquiet et opposé à cette politique

Je vous communique mes principales interventions au conseil de Nantes Métropole du 19 octobre 2015

30 – Nantes – Île de Nantes – Opération d’aménagement Île de Nantes – Objectifs poursuivis et modalités de la concertation préalable – Approbation

Madame la Présidente,

A l’horizon 2030, il est prévu 700 000 personnes dans la Métropole (600 000 actuellement), largement concentrées sur Nantes et sa première couronne.

Depuis l’origine du projet de développement urbain de l’île de Nantes, à l’issue de sa seconde phase, 10 000 nouveaux logements pour 700 000 m² de surfaces de plancher, 450 000 m² d’activités et de bureaux et 350 000 m² d’équipements nouveaux sont annoncés. Au terme de ce projet, l’île de Nantes compterait au moins 30 000 habitants en ayant doublé sa population.

L’île de Nantes, le cœur de la métropole, ce métacentre comme disent les urbanistes, sera devenue une ville dans la ville, la quatrième de Nantes Métropole.

Pour autant, l’île de Nantes est par essence une île !

L’île de Nantes, c’est 337 hectares, de l’ordre de 320 si on enlève les parcs. Avec plus de 30 000 habitants à l’horizon 2030, c’est pour le moins 9 375 habitants au km² !

L’île de la Cité, antique berceau de notre capitale Paris, c’est une vingtaine d’hectares pour 1 200 habitants, soit 6 000 habitants au km². Avec dix ponts, dont un qui la relie à l’île Saint-Louis, le métro et huit lignes de bus qui la traversent, un ponton et le départ de bateaux touristiques.

Le regroupement sur l’île de Nantes de plusieurs établissements du Centre Hospitalier Régional Universitaire et la croissance du pôle « santé » avec ses laboratoires, ses centres de recherche et d’enseignement augmenteront les populations actives ainsi que les déplacements.

Beaucoup des 6 000 salariés du CHRU, qui fonctionne naturellement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sont domiciliés en sud-Loire. Il faut aussi prendre en compte les déplacements induits par les livraisons, les urgences, les ambulances, les visiteurs, la patientèle, dont une partie de plus en plus élevée en ambulatoire, ainsi que les relations permanentes avec l’hôpital Saint-Jacques qui continuera à assurer la logistique.

Sur l’île de Nantes, il est espéré 15 000 nouveaux emplois et déjà beaucoup d’habitants du sud-Loire y travaillent.

Le développement du projet urbain de l’île de Nantes aura donc sur les communes du sud-Loire, et au-delà de notre agglomération, des impacts très importants sur les trafics de transit naturellement en très forte augmentation.

Il faut donc très rapidement mettre à l’étude de nouveaux franchissements de la Loire, ainsi que des transports de tous types, y compris ferrés et fluviaux, autant pour le fret que pour les personnes et réaliser des pontons.

Il a fallu plus de quinze ans pour inaugurer les ponts Senghor et Tabarly. Comment toutes les infrastructures nouvelles indispensables pour assurer les déplacements et trafics de transit supplémentaires pourront-elles être opérationnelles avant la réalisation de cette ZAC ?

Le grand débat sur la Loire « Nantes, la Loire et nous » a fait émerger des idées, des propositions, voire des oppositions, susceptibles de mettre en cause des projets tels que la création, de cette ZAC, il faudra donc en tenir compte et les intégrer dans la concertation.

Sur cette île de Nantes, il convient aussi de privilégier la nature en ville. Actuellement, en dehors du Circuit Rustique d’Activité de Plein Air (CRAPA) d’un peu plus d’un hectare à l’extrémité est, il n’existe que quatre parcs urbains, les jardins des Fontaines et de l’île Mabon et les parcs des Chantiers et des Berges, très prisés et fréquentés par les jeunes et les étudiants mais très artificialisés. Le futur parc métropolitain à l’ouest de l’île, annoncé de 14 hectares, devra, bien sûr être réalisé, mais être beaucoup plus sauvage et naturel, un peu à l’image du CRAPA.

Nous vous suggérons, Madame la Présidente, d’associer la population du sud-Loire à la concertation préalable en mettant à disposition du public un registre d’observations en mairie annexe du boulevard Joliot-Curie et en mairies de Rezé et de Saint-Sébastien-sur-Loire, comme cela a été réalisé pour la concertation de la ZAC du sud-ouest de l’île de Nantes, en répondant favorablement à ma demande lors du Conseil du 27 juin 2014.

Une réunion publique dans ces secteurs pourrait aussi être envisagée.

Par ailleurs, le hangar 32 et le site Internet fournissent des informations actualisées sur l’avancement du projet de l’île de Nantes. Cependant, à l’aube de conclure une nouvelle Concession Publique d’Aménagement, il me semble qu’un bilan très circonstancié des projets déjà réalisés et des engagements actuellement programmés devrait être présenté aux élus, lors d’une commission, d’une conférence métropolitaine ou d’un conseil.

Enfin, à propos de la ZAC du sud-ouest, quand sera-t-elle créée ?

En conclusion, Madame la Présidente, je suis très inquiet et opposé à cette politique qui consiste à concentrer autant d’activités sur une île. Cela me paraît dangereux pour l’équilibre de la Métropole, être en contradiction avec les premières analyses du grand débat « Nantes, la Loire et nous » et nous éloigner de la nature même de la ville de Nantes et de son rapport à la Loire.

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