L’ordre des infirmiers

Les députés ont voté la suppression de l’ordre des infirmiers, dans le cadre de l’examen du projet de loi de santé, un très mauvais signal au moment où notre pays a besoin des corps intermédiaires en matière de représentation professionnelle.

Dans la nuit du 9 au 10 avril, les députés ont voté la suppression de l’ordre des infirmiers, dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la santé.

C’est un très mauvais signal au moment où notre pays a besoin des corps intermédiaires – dont les ordres font partie –, notamment en matière de représentation professionnelle.

L’ordre des infirmiers a été mis en place dans des conditions difficiles et sur des bases fragiles dont l’une des causes de la crispation est la cotisation due par les infirmières, dont 80 % exercent en milieu hospitalier.

Même François Mitterrand qui avait pourtant, dans son programme électoral, envisagé la suppression de tous les ordres professionnels, n’a jamais tenter de les supprimer.

Ce qui me semble essentiel, c’est que l’ordre des infirmiers intervient dans la relation entre le patient et le professionnel de santé. Il est là pour cela. Je ne voudrais pas laisser aux tribunaux civils la responsabilité de juger d’une situation ressentie par le premier comme un dysfonctionnement de la part du second, sans même qu’une instance ordinale intermédiaire ait eu la possibilité de vérifier si les bonnes pratiques médicales ont bien été suivies. C’est d’autant plus vrai que le rôle joué par les infirmiers – éléments déjà très important du maillage de notre territoire – va aller grandissant avec le développement de l’hospitalisation à domicile.

Enfin, il a été avancé, parmi les arguments en faveur de l’amendement, que les élections ordinales ne mobilisaient qu’un peu plus de 20 % des votants. Mais si l’on va dans cette voie, supprimons également les prud’hommes, puisque le taux de participation aux élections prud’homales n’est pas plus élevé ! Et que penser de la représentativité de certains syndicats qui recueillent bien moins de 20 % des suffrages ? S’ils ne représentent personne, autant les supprimer ! De fait, si nous supprimons l’ordre des infirmiers, rien n’empêchera, demain, la disparition des autres ordres dans le milieu médical ou des professions juridiques.

C’est pourquoi, lors de sa présentation au sénat, je voterai contre cet amendement qui a supprimé, à l’Assemblée nationale, l’ordre des infirmier.

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2020 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique