Hommage aux premiers Sébastiennais morts pour la France

19/11/2014

Le 11 novembre 2014, la Ville a rendu hommage aux premiers Sébastiennais morts pour la France lors de la 1ère guerre mondiale. Voici mon discours.

Le 29 août dernier, en présence du Maire de Porthcawl, nous rendions hommage aux premiers Sébastiennais morts pour la France lors de la 1ère guerre mondiale.

Aujourd’hui, fidèles à notre devoir de mémoire nous commémorons la reddition de l’Allemagne, le lundi 11 novembre 1918 à 11 h précises.

Vous êtes nombreux à avoir répondu à une mobilisation générale pour participer à des  évènements marquant le centenaire de ce conflit mondial. Merci à la conférence des sages, aux amis de Saint-Sébastien pour la belle exposition qui retrace la guerre 14 / 18 vécue dans notre commune. Samedi dernier, vous avez pu assister à des conférences remarquables, admirer le talent de notre choral la Voix du fleuve, suivre une magnifique création théâtrale sur des textes d’Apollinaire au centre d’initiation au théâtre.

Le plus bel hommage que nous puissions rendre aux combattants de 14 / 18, c’est une Europe unie dans la diversité. Des pays hier ennemis devenu des partenaires inséparables.

Je  remercie les associations de jumelage qui participent depuis de  nombreuses années à tisser des liens d’amitiés, à contribuer  à des échanges et au développement de relations fraternelles.

C’est pour cette raison que je souhaite, lorsque nous marquerons une minute de silence que nous ayons tous une pensée pour nos amis gallois, roumains, une pensée aussi en mémoire de la réconciliation pour nos amis allemands et hongrois.

Une gerbe sera déposée à l’initiative de l’association Sabougnouma en hommage aux 200 000 tirailleurs Sénégalais qui furent engagés dans les rangs français, parfois pieds nus. 30 000 y trouveront la mort. Les Tirailleurs regroupaient l’ensemble des soldats de l’Afrique Occidentale Française dont la plus forte partie du contingent était malienne.

L’intervention française au Mali, la coopération que notre ville conduit depuis vingt ans n’est qu’un juste retour des choses.

N’oublions pas ce que les combattants de 14 18 ont vécus de pire pour que nous ayons à l’esprit que la paix est et sera toujours ce qu’il y aura de meilleur.

Car rappelons le, le bilan de cette guerre fut catastrophique : plus de 9 millions de morts, des millions de blessés, de veuves et d’orphelins, qui allaient entrainer de profondes séquelles démographiques. Il y aura aussi des territoires dévastés et des bouleversements politiques avec une carte de l’Europe remodelée.

Aujourd’hui l’Europe est en paix et les pays, dans le passé ennemis, en sont devenus des pièces maîtresses. Si cette Europe se cherche encore, elle n’en est pas moins notre destin à tous comme le disait un de ses pères fondateurs, Jean Monnet.

Pour la 1ère fois, les 5 et 6 novembre à Rome, je représentais le sénat français à une conférence interparlementaire sur les questions de sécurité et de défense. Ce qui m’a frappé c’est d’entendre 26 délégués de pays différents se compléter dans leur prise de parole avec des propos humanistes et de bon sens.

Si nous voulons prolonger dans les faits la valeur du sacrifice de nos aînés, si nous entendons donner un vrai sens à une cérémonie comme celle-ci, il nous appartient de raisonner en terme de paix. Et de faire en sorte que notre devoir de mémoire soit aussi un devoir de vigilance.

Pouvons-nous affirmer, cent ans après l’horreur d’une guerre mondiale, que la paix règne parmi les hommes ?

L’ordre du jour de la réunion à laquelle j’ai participé à Rome soulevait des questions bien préoccupantes :

En piétinant les traités internationaux, la Russie a annexée la Crimée et Sébastopol, menaçant l’intégrité territoriale, la sécurité et la paix en Europe orientale. On dénombrait, au 16 septembre, 3 517 morts et  8198 blessés. N’oublions pas l’avion civil abattu au-dessus de l’Ukraine. Il a suffit d’un assassinat en 1914 pour déclencher la première guerre mondiale.

Actuellement, en Irak, 15 pays interviennent au côté des forces Irakiennes contre des positions de Daech. 270 raids ont été menés.

En Libye, des groupes terroristes s’y implantent durablement, notamment à Benghazi et Derma. Le risque de guerre civile est très important.

Au proche Orient, les attentats accompagnent des négociations qui s’enlisent entre Israéliens et Palestiniens.

En Syrie, les groupes Djihadistes prospèrent.

En Centrafrique, une crise politique et humanitaire majeure se développe.

Au Mali, la sécurité intérieure n’est pas pleinement rétablie au Nord et l’enjeu du développement est essentiel pour rétablir une stabilité durable. 10 soldats français sont morts au Mali pour combattre le terrorisme, nous sommes là également pour leur rendre hommage.

Dans ce monde instable, nous Européens, nous portons l’héritage de ceux qui ont lutté pour qu’il n’y ait plus de guerre, et pourtant pouvons-nous dormir tranquille ?

La lutte contre le terrorisme djihadiste est une nouvelle forme de guerre.

L’Europe symbolise un espace démocratique, de paix et de sécurité. C’est là le patrimoine identitaire de l’Europe.

C’est pour cela que de plus en plus de réfugiés se tournent vers l’Europe dans l’espoir de trouver un avenir meilleur.

Pour arrêter ses flux migratoires il faut plus de démocratie, de sécurité, de répartition de richesses dans des pays qui sont de véritables poudrières.

Aussi, garantir la paix signifie avant tout investir dans la sécurité, le développement de la démocratie, de l’aide internationale et du respect des droits de l’homme.

Comment assurer à tous des chances équitables et durables de développement ? Nous devons également lutter contre la pauvreté qui fait des millions de morts.

En ces temps d’épidémie, et je pense aux pays africains touchés par Ebola, il est impensable que des milliers d’enfants soient voués à la mort faute d’acheminement suffisant de matériel pour soigner et guérir.

C’est avec les lumières du passé que s’éclairent les chemins de l’avenir.

Pensons aux souffrances endurés par les combattants de 14/18 pour tout mettre en œuvre afin d’éviter le désastre que provoque des conflits armés.

En ce jour de commémoration souhaitons que la paix devienne une réalité à l’échelle planétaire.

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