2019 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique

Communiqué de presse de Joël Guerriau sur la situation au Mali

14/01/2013

Lorsque le Président François Hollande annonce en janvier 2013 : « Nous sommes devant une agression caractérisée qui met en cause l’existence du Mali », c’est très exactement ce que j’ai affirmé il y a déjà un an, le 26 janvier 2012, en séance publique au Sénat, lors d’une question orale que j’ai posé au Gouvernement.

 

Alors pourquoi le conseil de sécurité de l’ONU a-t-il tant attendu malgré l’insistance française ?

Le 4 avril 2012, sur la chaîne TV « Public Sénat » j’alertais quant à la nécessité d’intervenir militairement au Mali. Je soulignais que les djihadistes renforçaient jour après jour leurs positions, avec pour objectif d’envahir le Sud du Mali.

Mais à cette période, la Syrie et plus particulièrement les élections présidentielles en France étaient au cœur de l’actualité médiatique.

Il est regrettable qu’il ait fallu plus d’une année pour engager une action militaire.

Il sera désormais très difficile de rétablir la stabilité dans cette partie du monde.

Si la France fait preuve de courage, il est dommage que ce soit avec aussi peu d’implication d’autres pays.

La situation est d’autant plus grave que le Sud du pays a une configuration bien différente du Nord, moins peuplé et plus désertique.

Au Sud, le réseau routier est bitumé, les villes sont très rapprochées et plus denses.

Les Djihadistes pourraient rejoindre très rapidement Bamako en bénéficiant des infrastructures routières et du bouclier humain que représentent les populations du Sud.

 

Une intervention militaire devient donc très compliquée et nécessite des troupes au sol très organisées. Or, les troupes de la CEDEAO tardent à intervenir. Auront-elles la capacité à affronter ce type de combat ?

La communauté internationale porte une lourde responsabilité pour ses hésitations et son manque de réactivité.

Une des conséquences de l’intervention tardive est de s’embourber dans une guerre de rue exposant les civils maliens. 

Pourquoi le gouvernement français a-t-il été obligé d’intervenir ?

La décision du conseil de sécurité du 20 décembre 2012 de déployer une force africaine de 3.000 hommes a probablement conduit les islamistes à précipiter leur avancer vers le sud. Dans ce contexte, le Président malien a adressé une demande d’aide d’urgence à la France.

D’autant plus, qu’il y avait, pour lui, un risque d’effondrement total de l’appareil d’état malien, incapable de faire face à cette percée islamiste sur son territoire non occupé. En effet, le Président Traoré est de plus en plus contesté par la coordination des organisations patriotes du Mali (COPAM) et le Mouvement patriote du 22 mars (MP 22) deux organisations pro-putschistes.

A Kati (15 km de la capitale), siège des meneurs du coup d’état du 22 mars 2012, des jeunes ont érigé, mercredi 9 janvier 2013, des barricades perturbant également la circulation et scandant des slogans contre Dioncounda Traoré.

Si la France n’intervenait pas, le risque aurait été un nouveau push au Mali.

Maintenant plusieurs questions cruciales se posent :

Ne risquons-nous pas un enlisement de nos forces armées au cœur du Sahel, un isolement et des difficultés d’intervention dans une zone disposant de très peu d’infrastructures routières ?

Comment éviter que notre intervention ne se transforme en lutte anti-terroriste sans fin, face à des groupes armés financés par des réseaux du Golf persique ?

Quelles mesures seront prises par le gouvernement français pour limiter les risques de représailles sur son territoire, sur ses ressortissants et ses otages ?

Quelles actions seront mises en œuvre par la communauté internationale pour contribuer au renforcement des institutions régaliennes au Mali et dans les pays de la zone sahélienne ?

Sommes-nous réellement préparer à affronter cette nouvelle forme de guerre du XXIème siècle ?

Concernant la gestion de la situation, j’affirme qu’il faut prévoir les moyens humanitaires et économiques qui seront les seules réponses concrètes à la sauvegarde d’une démocratie au Mali.

 

Question d’actualité au gouvernement n° 0764G de M. Joël Guerriau (Loire-Atlantique – UCR)

publiée dans le JO Sénat du 27/01/2012 – page 577

Depuis le printemps arabe, le Mali et le Niger, pays démocratiques et pacifiques, sont touchés par des enlèvements d’otages et des affrontements de plus en plus violents à leurs frontières.

Par leur position géographique, ces pays sont au cœur de toutes les circulations transsahariennes. Ils sont également traversés par le Sahel, qui, des côtes du Sénégal à celles de la Somalie, constitue un couloir propice au trafic de drogues.

Dans cette zone, à la suite de la chute de Kadhafi, un millier d’anciens soldats libyens sont venus renforcer les troupes rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad, le MNLA, né à la fin de l’année 2011.

Sur le plan militaire, le MNLA dispose d’un matériel de guerre provenant de Libye : des centaines de chars, des lance-missiles, des bazookas…

Le 18 janvier dernier, la rébellion a attaqué trois villes du nord du Mali. Quarante-sept personnes ont été tuées et dix ont été blessées, sans compter les victimes des combats qui se sont déroulés à Ménaka le 17 janvier.

Il est à craindre que de nouvelles attaques ne se produisent dans cette zone, dont les civils seront les victimes innocentes. Plus généralement, une déstabilisation sécuritaire de la région sahélo-saharienne risquerait d’entraîner la chute des régimes démocratiques du Mali et du Niger, ce qui emporterait des conséquences dramatiques.

Des intérêts à la fois militaires, religieux et mafieux convergent. Les rebelles ont les armes, l’argent, l’espace, le temps. Leurs motivations sont nourries par la revendication territoriale historique des Touaregs.

Le caractère transnational de ces menaces terroristes impose une réponse internationale coordonnée. Lutter efficacement pour la restauration de l’ordre et le maintien de la paix suppose d’accroître de manière significative les moyens mis en œuvre.

Allons-nous attendre que le pire se produise, que des villages soient pris pour cibles, que de nouvelles prises d’otages surviennent ? Souvenons-nous de Philippe Verdon, actuellement retenu en otage, de Pierre Camatte, libéré en 2010, et de Michel Germaneau, mort faute de soins en Mauritanie.

Nous sommes exposés à trois risques : la résurgence des mouvements terroristes, l’intensification du trafic de drogues et la déstabilisation de gouvernements démocratiques.

Monsieur le ministre, l’implication de la France dans le maintien de la stabilité aux frontières du Mali, du Niger, de l’Algérie et de la Libye semble incontournable. En effet, cette crise extérieure affecte aussi la sécurité des Occidentaux. Pouvons-nous faire inscrire cette question prioritaire à l’ordre du jour du Conseil de sécurité de l’ONU ? Dans le cadre de l’Europe de la défense, pouvons-nous apporter un soutien matériel et technologique aux pays concernés, d’autant plus nécessaire que leur situation économique est très difficile ? Applaudissements

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