Mission parlementaire en Libye

Entretien de Joël GUERRIAU, sénateur de Loire-Atlantique, avec M. Mohamed Youssef el MEGARYEF, Chef de l’Etat libyen

J’étais en mission parlementaire en Libye du 11 au 13 décembre.

A cette occasion, nous nous sommes entretenus avec M. Mohamed Youssef el MEGARYEF qui exerce la fonction transitoire de Chef de l’Etat libyen. Ses réflexions sont encourageantes : « Après son indépendance, de 1951 à 1969, la Libye avait emprunté une belle voie vers la réussite. Malheureusement nous avons été ensuite écrasés par la tyrannie ».

« Le réveil est venu tard, et le pays est dans un tel état de destruction… Ainsi l’expérience des partis politiques et d’un fonctionnement démocratique est une chose récente pour nous ».

« Mais nous sommes déterminés à veiller à ce que le chemin vers la construction démocratique reste grand ouvert. C’est notre devoir envers la communauté internationale. Si nous échouons, ce sera une honte pour notre pays. Si nous réussissons, ce sera une fierté que nous partagerons avec tous ceux qui nous ont aidés. Nous tirerons profit de notre histoire, mais nous ne devons pas en être otages».

Quelques constats et quelques pistes de réflexion pour l’avenir de la Libye

42 ans de régime Kadhafi ont développé des suspicions très fortes vis à vis de l’ « étranger ». Pour autant, il ressort très clairement un attachement authentique à la France.

Kadhafi avait interdit l’enseignement des langues étrangères à l’école. Aujourd’hui, il faut développer par exemple des programmes d’échanges et de coopération. Il est important d’accueillir des étudiants libyens en France, étudiants dont dépendront plus tard les relations de nos pays.

L’absence de lignes Air France avec Tripoli est un handicap pour la France. L’Allemagne, qui a des vols directs, forme des médecins libyens germanophones.

Les puits pétroliers font de la Libye un pays riche à forte capacité de développement, à condition qu’elle prenne le bon chemin démocratique. Dans ce cas, elle peut devenir un élément stabilisateur au cœur d’une région en tension.

Par nature, les libyens sont pacifiques. Mais le nouveau gouvernement doit relever de nombreux défis : se doter d’une constitution, mettre en marche des institutions solides, désarmer les groupes révolutionnaires, reconstruire des forces capables d’assurer sa sécurité intérieure et extérieure, etc.

La France doit jouer un rôle majeur dans la reconstruction comme elle a su le faire pour aider ce pays à se libérer de la tyrannie.

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2020 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique