2019 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique

Une élection russe plus transparente

06/03/2012

A Saint-Pétersbourg, j’ai été observateur de l’élection présidentielle russe.

 

J’ai été l’un des quatre parlementaires français missionnés pour observer la transparence des élections en Russie. Avec deux autres observateurs : un député lituanien et un président d’ONG, nous nous sommes partagés 53 bureaux à visiter dans la métropole de Saint-Pétersbourg.

Mon collègue français, le sénateur Pozzo di Borgo a été missionné sur une ville de Sibérie.

Ce qui me frappe, par rapport aux usages électoraux français, c’est que la plupart des électeurs n’utilise pas l’isoloir et marque d’une croix le nom du candidat qu’ils choisissent sur un bulletin où figurent les noms des cinq candidats. Dans chaque bureau, les cinq candidats sont affichés avec leur CV et le détail de leur patrimoine.

Le vote se fait sans enveloppe, une transparence qui rend facile de savoir pour qui les gens votent. Les noms des candidats figurent sur une feuille qui souvent n’est pas pliée. En regardant à travers l’urne transparente, il est facile de constater la tendance du vote.

En observateur, j’ai constaté avant le dépouillement que le vote POUTINE était majoritaire dans les bureaux. La fréquentation a été importante mais calme. L’ambiance était tranquille, sereine.

L’élection dans la région de Saint-Pétersbourg a mobilisé 5.000 organisateurs tenant les 1.937 bureaux dans 18 arrondissements de 140.000 à 500.000 habitants pour 3,7 millions d’électeurs inscrits (la Région de Saint-Pétersbourg compte 5 millions d’habitants).

Cinq innovations méritent d’être soulignées :

  • l’installation dans chaque bureau de vote d’une webcam, première mondiale, qui permet en tout lieu de se connecter à distance et de voir ce qui se passe dans le bureau de vote ;

  • 20 % des bureaux de vote sont équipés en lecture électronique. Le bulletin est scanné et tombe dans l’urne ce qui permet un contrôle manuel en cas de contestation du résultat électronique ;

  • l’utilisation d’urnes transparentes ;

  • la possibilité pour un candidat d’obtenir des parrainages citoyens (Prokorof avait obtenu 2 millions de signature citoyennes lui permettant d’être candidat).

  • les bureaux de vote sont tenus par des personnes de la société civile. Les partis politiques ayant des fonctions d’observateur.

J’ai eu toute la liberté de poser toutes les questions, de déambuler et de photographier. Dans chaque bureau, l’accueil a été excellent et décontracté.

La Russie a beaucoup investi pour assurer la sincérité des résultats. En particulier avec le système de surveillance par caméra et les observateurs : 15.000 observateurs représentants les candidats (un par bureau), les partis politiques et 52 observateurs étrangers essentiellement venant de l’ancienne URSS.

Si des fraudes ont pu être constatées par des caméras, il y a quinze ans, en Russie, il n’y avait qu’un seul candidat. Cette fois ils étaient cinq. Souhaitons que la Russie progresse encore sur le chemin de la démocratie mais sachons aussi balayer devant notre porte. N’oublions pas la fraude « à la chaussette » constatée à Perpignan.

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