2019 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique

Une agriculture urbaine

11/05/2011

Nantes Métropole s’est donné pour objectif de remettre en culture 500 ha dans les communes de l’agglomération, d’ici 2014. Son but est de conserver la variété des paysages et de limiter le développement urbain en utilisant les friches agricoles.

 

Les plans locaux d’urbanisme (PLU) protègent les zones agricoles jusqu’à leur révision et parfois plus. Est-ce en opposition avec les plans locaux d’habitat (PLH) qui favorisent la construction des villes sur elles-mêmes ?

Une expansion urbaine

Il y a trois façons de voir notre expansion humaine et urbaine. Première solution, ne pas s’étendre plus à la campagne et préserver les actuelles terres agricoles. Créer alors des enclaves agricoles en ville n’a d’intérêt que s’il s’agit d’occuper les friches en attendant l’urbanisation et diminuer la spéculation foncière. Ce système est condamné à court terme dans la mesure où les terrains sont rares – et chers- et qu’il faut reconstruire sur ce qui est disponible. Dans tous les cas, à Saint-Sébastien-sur-Loire, nous maintiendrons en zones non constructibles les îles de Loire et le bois des Gripôts.

Deuxième solution, les grandes villes continuent de s’étendre vers la campagne jusqu’à agglomérer les petites villes. C’est ce qui se passe depuis des siècles.

Solution trois, on créer une ceinture verte autour de l’agglomération nantaise, par exemple, gelant  toute constructions planifiées, donc sa croissance hors des 24 communes initiales, et on oblige les petites villes satellites à devenir plus grosses. Il y a deux corolaires à cela : ce schéma va de paire avec la construction d’un maillage de transports inter villes et on casse la dynamique de croissance d’une métropole.

Un urbanisme à l’échelle régionale

Dans tous les cas, les terres agricoles seront grignotées sauf à refuser des migrations intra nationales et à faire de l’aménagement du territoire avec des villes nouvelles en zones désertées. Autre réflexion, à l’instar des achats mutualisés de CO2 entre pays, peut-on imaginer un marché de l’urbanisme au niveau d’une région, avec accords possibles entre départements si la configuration géographique proche des limites l’impose (Redon, Clisson…) ?

Le marché des habitations citadines est inabordable pour les familles à revenus modestes et même moyens. Les nouveaux quartiers d’immeubles n’offrent souvent que de petites surfaces habitables pour retraités, célibataires ou couples sans enfants. Quand on vit en appartement, on a souvent hâte de s’évader de la ville et ces quartiers sont inanimés. Les politiques d’aménagement ont depuis longtemps voulu concentrer par genres : habitat en un endroit, zones commerciales dans un autre, bureaux dans un autre encore.

Flexibilité, globalisation et mixité

Il faut inventer une autre politique d’aménagement du territoire local. Les activités tertiaires n’ont pas nécessairement besoin d’être co-localisées dans des zones dédiées. Mélanger le petit commerce, les bureaux, les services publics ou privés et l’habitat est possible dans les zones transformées en profondeurs. Il faut être plus flexible et globaliser au niveau de l’EPCI certaines contraintes communales inapplicables de part la situation existante.

Limiter les transports domiciles-travail et développer le très haut débit doivent être les priorités d’un aménagement concerté à une échelle plus large que la commune. Seules les industries et les grandes surfaces commerciales doivent être isolées. Et encore, pour ces dernières, il y a probablement des solutions innovantes pour les insérer dans la ville. Il n’y a pas que la mixité sociale qui doit être recherchée, la mixité d’activités fixe les populations, diminue les trajets et anime les aires urbaines.

Chaque année, 2.500 ha de terres agricoles disparaissent dans le département de la Loire-Atlantique. C’est plus de deux fois la surface de Saint-Sébastien-sur-Loire, 5e ville du département.

Photo © Linda

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