Nantes, ville apaisée… pour les Nantais ?

Le projet de piétonisation du centre ville de Nantes, s’il va enjoliver les rues et les rendre plus agréables pour leur fréquentation, n’a de sens que s’il est accompagné de mesures destinées aux usagers extérieurs à ce même centre-ville.

Le but avoué est d’éradiquer 30.000 voitures, de rendre l’air plus respirable et de sécuriser les abords d’un pôle commercial d’hyper centre. On peut se réjouir d’un tel projet. Il faut cependant l’accompagner d’une réflexion globale sur les usages d’une agglomération et, au-delà, de ceux qui viennent de l’extérieur.

Des parcs-relais sous dimensionnés

Premier constat, et avant de rendre presque entièrement piétonne « la colline Graslin » et le quartier Faydeau-Bouffay, les Parcs-Relais du Sud-Loire sont sous dimensionnés à Graineraie et à Pirmil. La construction d’un étage s’impose pour doubler la surface de stationnement et laisser le marché hebdomadaire. On ne peut demander à quelqu’un de laisser sa voiture quelque part s’il n’y a pas de place. La construction de plus de parkings aériens à 1,5 kilomètre à la ronde du Cours de 50 Otages serait non négligeable.

Les Parcs-Relais ne sont pas assez mis en valeur sur le périphérique et les pénétrantes. Il faut de grands panneaux qui indiquent quelque chose comme : Nantes centre 20 min. P+R Tramway ou Busway. Il faudrait aussi communiquer autour du ticket unique servant à la fois au parking et au transport.

Des rues piétonnes, la seule solution ?

Second constat, diminuer de 30.000 voiture le trafic au centre c’est renvoyer ces mêmes véhicules sur d’autres axes. La rue de Strasbourg devra, à elle seule, supporter la déviation du trafic passant anciennement par le Cours des 50 Otages. Même en aménageant son débouché rue Estienne D’Orves, la traversée de la ligne 1 de tramway sera très perturbante. Comment va-t-on faire pour que le trafic très dense qui va être généré autour du centre ville ne gêne les lignes Chronobus et les rende moins efficaces ?

J’aimerais savoir si Nantes Métropole a étudié le projet de Congestion Charge mis en place à Londres ou à Singapour et s’il a envisagé cette solution ? Ce système consiste à faire payer une taxe d’entrée dans une zone en se basant sur le type de véhicule identifié par sa plaque d’immatriculation.

Dans tous les cas, il faudra avoir la souplesse de revenir en arrière si le projet ne fonctionne pas bien. La modélisation est une chose, le comportement humain une autre.

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2020 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique