2019 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique

Caf’idées : l’éolien off shore

07/03/2011

Vendredi 25 février 2011, c’est autour d’un café, comme le veut le principe de Caf’idées, que les cofondateurs de ce moment d’échange pour élus ont accueilli Philippe Jan, directeur du développement des entreprises à la Chambre de commerce et de l’industrie de Nantes et de Saint-Nazaire, venu parler du développement de l’éolien offshore.

 

Vaste sujet d’actualité tant politique, environnemental qu’économique qui a passionné les nombreuses personnes qui s’étaient déplacées à Arthon-en-Retz.

Un grand défi national

Il y a un mois tout juste, le président de la république annonçait la création d’un parc de 750 MW au large (off shore) du Croisic. La France passera ainsi de 3.000 MW, en 2010, à un objectif de 150.000 MW en 2030. Selon les prévisions, en 2020, les objectifs de la France ne représenteront pourtant qu’un quart de ceux du Royaume-Uni.

La Loire-Atlantique est le département le mieux placé pour être au centre de la filière industrielle qui rassemble des techniques naissantes. Parce que son tissu industriel, notamment STX, est facilement convertible, parce le secteur recherche et développement (R&D), autour de Technocampus et d’Airbus, peut apporter des solutions innovantes, la fabrication d’éoliennes et la logistique qui les entourent pourraient en effet s’ancrer autour de Saint-Nazaire. Actuellement, seules deux entreprises françaises sont sur le marché et font réaliser leurs éoliennes en Allemagne ou en Espagne.

Un grand défi local

Les énergies marines renouvelables (EMR) représentent un potentiel de 10 milliards € d’investissement et 10.000 emplois. La proximité de la mer, un port et des industries, tout est réuni pour créer une filière locale à vocation internationale. Une filière qui comprendra aussi la déconstruction des engins et la valorisation des déchets.

Même si les éoliennes marines sont plus puissantes et plus grandes que celles en usage sur terre, les deuxièmes ne sont qu’une déclinaison des premières et ce sont des milliers qu’il faudra construire. Les éoliennes marines ont en outre besoin de plus de matériel de maintenance et de pose que les terrestres : bateaux de toutes tailles que même les petits chantiers navals pourront construire.

Les EMR couvrent différentes formes au-dessus, à la surface et dans la mer. Une autre forme très prometteuse est celle permettant d’utiliser l’énergie hydrolienne à partir des courants sous-marins. Là encore le département a une carte à jouer. Alsthom l’a bien compris en s’installant à Nantes pour faire de la R&D sur le sujet.

Des choix concertés

L’éolien off shore a des conséquences sur la pêche en interdisant certaines zones qui restent à définir avec la profession mais on sait d’ores et déjà que ces zones interdites sont des nouveaux lieux de développement d’espèces surpêchées ou qui avaient simplement disparues. Il y a donc une compensation inattendue qui permettra sans doute de jouer sur les quotas à proximité.

Si les entreprises privées doivent créer des consortia afin d’être solides face à la concurrence étrangère, il appartient aux collectivités territoriales et à l’Etat de faciliter l’implantation de ces entreprises. La basse-Loire est une zone géographique, démographique et écologique complexe. Il faudra faire les bons choix et ceux-ci devront être cohérents avec le développement du grand port français de l’Atlantique (cf. l’article sur le développement du port Nantes-St Nazaire). Il faudra aussi trouver la méthode pour ce grand chantier qu’est l’acceptabilité sociale et les élus de terrain ont un grand rôle à y jouer. En tant qu’élus, nous devons penser global à l’échelon local et faire des propositions vers le haut plutôt que subir des réglementations nationales ou supranationales.

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