My French is poor *

Le ministre de l’Education nationale veut un apprentissage de l’anglais dès l’âge de trois ans. Est-ce bien utile alors que nombre d’enfants sont en difficulté avec les matières fondamentales et notamment le français ?

D’après les évaluations de l’Education nationale, 15 % des enfants ont, à l’entrée en sixième, des difficultés notables permettant de craindre un futur illettrisme. Selon l’INSEE, 9% de la population adulte ayant appris le français est illettrée, c’est-à-dire plus de trois millions de personnes. Chiffres confirmés par les tests passés lors des journées d’appel de préparation à la défense (JAPD).

L’apprentissage de l’anglais est aujourd’hui impératif dans un monde globalisé où cette langue est devenue la langue internationale par excellence. Ce fut le français, ce sera peut-être le chinois demain, seuls les faits parlent et ce ne sont pas les politiques nationales qui y changeront quelque chose. Ceci dit, une initiation en CM1-CM2, plus un cursus sixième-terminale suffisent. La très grande majorité des jeunes Français étant incapable de s’exprimer correctement en anglais, en sortant de terminale, on peut légitimement se demander si l’enseignement de l’anglais est correctement fait en France.

D’autre part, plus on connaît une langue étrangère, moins on est tenté d’utiliser des mots étrangers dans sa propre langue. A condition que l’on maîtrise bien celle-ci. L’invasion de l’américain, et non de l’anglais comme on le croit trop souvent, est la marque d’une carence en vocabulaire dans notre propre langue. La marque aussi de l’impossibilité à exprimer un minimum de sophistication dans la syntaxe. « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément » disait Boileau. Des générations d’élèves ont surmonté le rebutant apprentissage du français et se félicitent maintenant de l’acquis, d’autres générations ont été sacrifiées sur l’autel de la méthode globale. Ces dernières forment le gros des jeunes parents actuels. Il est, dans ce cas, naturel que le soutien parental à leurs enfants soit plus faible.

Souhaitons que les réformes qui se succèdent dans l’Education nationale n’aient qu’un but, armer les adultes de demain pour une vie meilleure. Cela commence par savoir s’exprimer correctement pour trouver un emploi et vivre décemment, avoir une vie sociale et être capable de transmettre à ses enfants.

* Mon français est rudimentaire

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2020 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique