Le développement du port de Nantes/Saint-Nazaire

20/01/2011

Nous avons d’un côté les plans de prévention des risques technologiques -et désormais sismiques (PPRT), de l’autre la cohabitation des habitants et des industriels. Mais ce microcosme nazairien a un effet papillon.

 

A peine le port Nantes/Saint-Nazaire publie-t-il les chiffres positifs de sa croissance, qu’on apprend que les PPRT gèlent sérieusement l’implantation des entreprises industrielles dans le port. Comme si cela ne suffisait pas, d’autres industriels et la municipalité de Saint-Nazaire s’affrontent autour d’un projet de développement urbain et de navigation de plaisance dans la zone des bassins du port. On le sait, la côte atlantique attire de plus en plus de gens, retraités notamment. Ces mêmes personnes demanderont inévitablement dans le futur à ce que les industries s’en aillent.

Donner une dimension européenne au port

L’effet papillon est que cette embouchure et son port de commerce, au milieu de la façade atlantique, ont une vocation naturelle à remonter vers le centre de la France et de là vers le reste de l’Europe. Ne devrait-on pas conserver un « west-end » industriel et peu peuplé (voir autre article [http://www.blog.joelguerriau.com/post/Cohabitation-industries-et-logements]) et, en amont, une zone dense en urbanisation, même si les vents dominant sont peu favorables ?

Saint-Nazaire doit devenir un grand port français sur l’Atlantique. Il est actuellement le 4e port français et le 18e port européen. Les liaisons de cabotage et le service roulier cadencé (autoroutes de la mer) reliant l’Espagne ne sont pas à négliger, mais ce ne sont que des activités d’appoint.Jusqu’à présent l’hinterland, autrement dit l’aire d’attraction et de desserte continentale, du port à conteneurs ne s’étend qu’aux départements limitrophes de la Loire-Atlantique. D’ici 2014 un nouveau terminal à conteneurs devrait voir le jour pour tripler la capacité de traitement.

Inscrire le port dans un schéma global national, en appliquant des recommandations du Grenelle de l’environnement, tel doit être le débat qui ne regarde pas que la CCI Nantes Saint-Nazaire, mais le pays tout entier. De l’estuaire doivent partir des lignes ferrées vers le nord et le centre de la France. Pas de celle qui passent au milieu de Nantes, dans un tunnel, pas de celle qui longe la Loire à petite vitesse. Il s’agit d’interconnecter avec Le Havre et d’alimenter le nœud ferroviaire de Vierzon. La ligne vers Rennes est en cours de rénovation, celle vers le centre du pays est à revoir.

Un paradoxe : délocaliser pour s’agrandir localement

J’ai entendu parler du projet de grande plateforme en région Centre dès le début des années 1980. Cela s’appelle un « port à sec ». Le triangle Vierzon, Saint-Pierre-des-Corps, Orléans permettrait d’irriguer la France entière et les pays riverains en conteneurs et remorques venues par trains. Ainsi les limitations écologiques et celles dues aux plans ne seraient plus un obstacle à l’accroissement de l’activité portuaire. Le trafic de la Manche et celui des routes d’Europe de l’Ouest en serait allégé.

Nous le voyons, il s’agit d’un véritable plan ferroviaire dont pourrait profiter les lignes de voyageurs. Le financement devrait attirer aussi bien l’Etat français, l’UE et les grandes entreprises de transports et de BTP. Les collectivités territoriales, quant à elles, auraient à faire en sorte de faciliter la captation des flux locaux tout au long de cette épine dorsale.

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