Inauguration du pont Léopold Sédar Senghor – 3 septembre 2010

En cette très belle journée du 3 septembre, nous avons inauguré un nouveau pont surplombant la Loire. Voici mon discours que vous pourrez retrouver en [vidéo|http://www.youtube.com/watch?v=uNuIw8cJnKY]. Monsieur le Préfet, Monsieur l’Ambassadeur Honoraire , Monsieur le président de Nantes Métropole, Messieurs les présidents de la Région et du Département, Messieurs les députés, Monsieur Auguste Senghor, Monsieur l’architecte, Je rappelle que lors du conseil municipal de saint-sébastien-sur loire du 1er avril 2009, nous avions annoncé que ce pont serait payant. Je vous rassure aujourd’hui, il s’agissait d’un poisson d’avril. En mai dernier, pendant notre fête « la plage aux enfants », nous pouvions admirer ce nouveau pont dans toute son amplitude. Avec mon épouse, nous sommes immédiatement tombés d’accord sur 3 mots pour qualifier cet ouvrage : élégant, léger, solide. Elégant comme la poésie de Senghor. Sa courbe, comme une virgule sur l’eau, lui donne son élégance. Ce pont est un balcon sur la Loire qui invite, avec ses bancs, à s’arrêter pour contempler notre cadre de vie ligérien. Léger et solide comme l’espoir. Léger comme les oiseaux qui en furent les premiers usagers. Léger comme le trait d’union qui rythme le nom de Saint-Sébastien-sur-Loire. Solide comme la volonté que les fondateurs de ce pont ont dû manifester pour ne pas céder à la pression des opposants à tout nouveau franchissement. Solide comme les relations de fraternité qui doivent unir l’humanité. Il faut beaucoup de temps avant d’inaugurer un ouvrage d’art. Pour un élu, il faut plusieurs mandats. C’est donc un grand plaisir d’être parmi vous aujourd’hui pour l’aboutissement d’un projet que je défends depuis plus de 15 ans. Dès 1995, en tant que Maire puis conseiller général, j’ai voulu ce nouveau franchissement de Loire. Pendant 5 ans nous en avons défendu la nécessité, il a fallu 5 autres d’années de dialogue et de concertation pour prendre une décision collective, se mettre d’accord sur son implantation, lancer les consultations, et encore 2 à 3 ans pour les procédures administratives… Et seulement 18 mois pour le construire. Nantes Métropole a été le lieu adapté pour débattre, financer, suivre et mener à son terme ce projet. Je profite de cette occasion pour remercier tous les acteurs de cette instance, président, élus, techniciens et administratifs, qui, chacun à leur niveau, ont permis cette réalisation. De notre côté, et tout au long des années de travail en commun, nous avons veillé à ce que plusieurs impératifs soient pris en compte : – Nous souhaitions un pont inter-quartier, il n’était pas question de créer une « ligne de pont » supplémentaire, – Nous sommes profondément attachés à nos îles, notre plage, – Nous voulions réserver une large place aux circulations douces, – enfin et surtout, il s’agissait de limiter au maximum l’impact pour les riverains, Tout cela a été respecté. Une fois trouvé l’emplacement définitif des 2 côtés du fleuve, nous avons veillé à limiter les emprises foncières nécessaires à son raccordement à la voirie existante. Nous avons préservé les continuités piétonnes et cyclables du boulevard des Pas Enchantés. Nous avons pris en compte la réfection des voiries qui sont en lien avec l’ouvrage. Le résultat est à la hauteur des débats : un « pont promenade » sur la Loire, respectueux de l’environnement, un raccordement réussi pour tous les modes de circulation, un large espace réservé de part et d’autre de la voirie aux piétons et aux cyclistes. Ce franchissement facilitera les communications sud-nord. Je rappelle régulièrement les problèmes que vivent les habitants du sud de l’agglomération, appelés en plus grand nombre que les autres à traverser la Loire pour des raisons professionnelles. Ces déplacements sud-nord sont liés au déséquilibre économique : seulement 18,7 % des entreprises de l’agglomération sont en sud Loire alors qu’un tiers de la population y réside. Cette nouvelle « rue sur l’eau » bénéficiera aux pôles commerciaux sébastiennais ainsi qu’à notre zone d’activités entièrement dédiée aux loisirs. Elle va aussi faciliter l’accès des Sébastiennais aux nombreuses administrations situées sur l’île de Nantes. Les projets de densification de l’île sur tous les plans -habitat / commerce / tertiaire / enseignement / culture / santé, etc- laissent ouverte la question de nouveaux franchissements sous toutes leurs formes : navettes fluviales, covoiturage, transports en commun, etc. J’ai remercié les acteurs de Nantes Métropole pour la réalisation de cet ouvrage. J’associe à cette belle réussite l’architecte, les femmes et les hommes des entreprises qui ont travaillé sur ce site. J’ajoute aussi qu’en période de crise, des investissements de cette nature sont bénéfiques pour l’économie. Nos collectivités sont des modérateurs de la crise économique et nous devons préserver nos capacités d’investissement pour continuer à jouer ce rôle. Depuis longtemps je souhaitais un nom qui fasse référence à l’histoire ainsi qu’à une trajectoire personnelle remarquable. Je pensais aussi à un nom qui symbolise les relations Nord/Sud et notre attachement au continent africain. En effet, la Ville de Saint-Sébastien conduit une coopération soutenue avec une ville malienne. Lors d’une de mes missions professionnelles en Côte d’Ivoire, j’ai rencontré le Président Laurent Gbagbo. Au cours de notre conversation nous avons parlé de l’agglomération nantaise et de son histoire. Je me suis alors ouvert à lui de mon souhait de voir ce nouveau pont porter un nom fort et symbolique. Nous avons évoqué plusieurs personnalités. A propos de Léopold Sédar Senghor, nous avons parlé de Joal, sa ville natale, et de « l’île aux coquillages » que l’on atteint en traversant un long pont passerelle construit par la France. Pour le président de la république de Côte d’Ivoire, parmi toutes les possibilités, le nom de Senghor s’imposait. Ce nom ouvre à la fois sur les mondes de la politique, de la poésie, de l’histoire et des relations franco-africaines. Il est porteur d’espoir, de culture, de fraternité et de sagesse. J’ai trouvé que l’avis d’un président africain en exercice était une recommandation à prendre en considération. Poète, académicien, ancien ministre français, premier président de la république du Sénégal et parmi les premiers promoteurs, avec Aimé Césaire, de la « négritude », le nom de Léopold Sédar Senghor nous renvoie aussi au commerce triangulaire pratiqué par le port de Nantes. Un commerce qui nous oblige au devoir de mémoire et de repentance afin d’être toujours vigilants en matière de respect des droits universels de l’homme et de l’enfant. Je remercie Jean-Marc Ayrault et l’ensemble des élus communautaires d’avoir accepté ma proposition de retenir le nom de Léopold Sédar Senghor. Et comme un clin d’œil, comme un écho de l’histoire maritime et des langues, le nom d’ Eric Tabarly donné à l’autre pont sur la Loire répond au nom de Senghor. Eric Tabarly courait les mers sur ses « Pen Duick », nom breton donné à la mésange et que l’on traduit par « tête noire ». Ce sont des membres de notre Conseil Jeunes de Saint-Sébastien qui ont dévoilé pour la première fois le nom de Senghor lors de notre visite du chantier en mars 2009. C’était encore un symbole. Il appartient déjà aux nouvelles générations de construire l’avenir et de veiller à ce qu’il soit lumineux et respectueux de tous les hommes. Un pont est une projection élégante vers l’avenir. C’est un trait d’union entre les habitants de l’agglomération pour « vivre ensemble », échanger et établir des relations durables. Comment ne pas terminer sur quelques mots de Léopold Sédar Senghor… : « J’ai rêvé d’un monde de soleil dans la fraternité de mes frères aux yeux bleus ». Le soleil nous l’avons en sud Loire ; la fraternité est le chemin que nous devons suivre. Merci à toutes et à tous.

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2020 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique