2019 © Joël GUERRIAU, Sénateur de Loire-Atlantique

La crise pose le problème du contrôle et de l’équilibre des pouvoirs

21/04/2009

La crise trouve sa source dans la construction de produits toxiques imaginés par le système financier américain. Pour autant, il serait simpliste de réduire le débat à l’existence d’une ligne de partage entre, d’un côté, des dirigeants américains cupides, et, dans certains cas, malhonnêtes, et de l’autre, des responsables français malchanceux, au pire mégalomanes. D’autant plus que la crise financière s’est très vite transformée en crise de confiance sur les marchés qui révèlent les insuffisances de nos gouvernances.

En effet, jusqu’à la fin du 20è siècle, l’idée prédominante était que le pouvoir soit exercé par ceux qui prenaient des risques en capitaux. Or dans les sociétés cotées, ceux qui dirigent ne détiennent qu’une très faible partie du capital social. Le lien entre le pouvoir décisionnel et le risque capitalistique est rompu. Le paradoxe que révèle la crise est la prise d’intérêts considérables (bonus, part variable, prime, stock options) par des dirigeants responsables de résultats catastrophiques, alors que les investisseurs cumulent des pertes. Comment un actionnaire peut-il accepter de voir ses valeurs fondre en Bourse pendant que ceux qui en portent la responsabilité continuent à se rémunérer grassement ? Par conséquence, la question centrale du droit des sociétés aujourd’hui consiste à distribuer et équilibrer les pouvoirs, et, d’assurer la transparence dans les grandes entreprises. Toute organisation qui consiste à établir un manager-monarque (non responsable sur ses deniers personnels) est dangereuse par nature. Il faut sortir des systèmes ou l’administrateur au sein d’un conseil est avant tout l’homme du Président

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