• Joël GUERRIAU

PPR visant à adopter une déclaration de la fin de la guerre de Corée



Monsieur le Président, Monsieur le ministre, Mes chers collègues,

Après la 2nd guerre mondiale, les États-Unis tentèrent d’endiguer la progression communiste partout où ils le pouvaient par la politique du containment.


Occupée par les forces japonaises depuis le début du XXe siècle, la Corée libérée par les Alliés a fait l’objet d’une partition nord sud. En 1950, la Corée du Nord a tenté de remettre en cause ce partage.

Elle s’est lancée dans une offensive pour envahir la Corée du Sud. Les États-Unis et leurs alliés, sous l’égide de l’ONU, sont venus au secours de Séoul. Les Soviétiques et les Chinois ont quant à eux soutenu Pyongyang.


Après 3 ans de guerre et plusieurs centaines de milliers de morts, le conflit s’est stabilisé autour de la ligne du 38e parallèle. La signature d’un armistice a sanctuarisé cette partition. Depuis près de 70 ans, cette ligne divise la péninsule en deux, séparant ainsi des milliers de familles.


La coexistence des deux Corées n’est cependant pas pacifique. Le président Cambon nous rappelle que la paix n’a pas été signée. En 2006, la Corée du Nord a testé pour la première fois une arme nucléaire. Elle a procédé depuis à plusieurs essais nucléaires et balistiques, menaçant la sécurité de la péninsule et de toute la région.


L’arme nucléaire sanctuarise le régime marxiste du Nord qui entretient l’idée d’une menace d’invasion du Sud. C’est à cette condition que ce régime d’un autre temps parvient à se maintenir, tandis que sa population est oppressée. Le grand leader lui-même a reconnu récemment des tensions sur l’approvisionnement alimentaire et a appelé ses compatriotes à se préparer à des temps difficiles. Nul doute que 70 années de dictature les y auront bien préparé.


Véritable épée de Damoclès, cette guerre non résolue pèse sur la sécurité et la prospérité de la région. Tous les acteurs concernés ont intérêt à ce que ces tensions prennent fin, et que la péninsule coréenne cesse enfin d’être l’une des plus dangereuses poudrières de la planète.


La présidence Trump a été marquée par un regain de tensions. Après avoir menacé de faire pleuvoir sur le régime de Pyongyang un feu et une fureur inouïs en 2017, le 45e président des États-Unis était persuadé l’année suivante de pouvoir mettre un terme au conflit par la voie de la négociation.


Le monde a suivi avec beaucoup d’attention la rencontre historique des deux leaders en juin 2018. Les espoirs ont cependant été de courte durée puisque ces rencontres se sont achevées par celle de Hanoï en 2019 sans aucune avancée concrète.


La pandémie a aggravé la situation dans la mesure où elle a entraîné une crise économique dont nous ne connaissons pas encore tous les effets mais qui a déjà significativement réduit les échanges internationaux. Une Corée du Nord qui se referme sur elle-même n’est pas une bonne nouvelle pour la paix.


Notre vieux continent européen a réussi, depuis la fin du dernier conflit mondial, à tenir en respect le spectre de la guerre. Nous sommes persuadés que la préservation de la paix en Europe doit beaucoup à la construction européenne et au développement des échanges.


De dures sanctions économiques frappent actuellement la Corée du Nord, motivées par le développement illégal de son programme nucléaire. Il est de l’intérêt de tous d’encourager le renoncement à cet arsenal par le renforcement des échanges économiques.


Montesquieu soulignait que « L’effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l’une a intérêt d’acheter, l’autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels ». L’Union européenne montre l’efficacité de ces principes, et ce, depuis le début de la guerre de Corée.


La proposition de résolution portée par le Président Cambon nous propose d’œuvrer pour la paix entre les deux Corées. Je salue cette initiative, soutenue par la Corée du Sud, en espérant que les États-Unis, la Grande Bretagne et l’Allemagne suivront le même chemin dans leurs respectives assemblées. Le groupe Les Indépendants votera en faveur de son adoption.



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